Couleur émeraude

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Les sargasses

Origine des algues sargasses

 

Les causes du phénomène sont encore mal cernées. Si des échouages s'étaient déjà produits ces dernières années, ils n'avaient jamais atteint l'ampleur actuelle.

 

le chercheur de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) Frédéric Ménard explique que «ce phénomène est probablement lié à l’élévation des températures de l’eau, due au changement climatique et aux nutriments charriés jusqu’à l’océan par les grands fleuves, en particulier ceux lessivés par les pluies sur les sols déforestés de l’Amazonie».

 

Alors qu'ils sont fréquents depuis plusieurs années au Mexique ou la côte est des États-Unis, les échouages massifs n'ont été observés dans l'arc antillais qu'à partir de 2011. Les raisons sont multiples et l'Homme en est le principal responsable.

 

Mais la déforestation n'est pas une nouveauté, et la Guadeloupe n'est impactée que depuis peu.

«L'augmentation des basses couches de l'atmosphère et de la température des eaux ont fait varier la trajectoire de ce courant. Ce changement semble être une des conséquences du réchauffement climatique» poursuit l'expert.

 

Région de Guadeloupe touchées :

 

 

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Les municipalités de la Désirade et de Terre-de-Bas, alertent sur l’amoncellement de sargasses, qui bloquent leurs ports. « Le bateau qui amène les voyageurs et la péniche qui ravitaille l’île et les commerçants ne peuvent pas passer, et s’ils passent, ils ne peuvent pas repartir ». Les armateurs ont décidé de stopper leurs rotations car les hélices des bateaux ne sont pas assez puissantes pour passer sans dommage et accoster. 

 

 

Impacts de ce phénomène :

-          Sur la population

 

Ces algues brunes, qui s'échouent en masse sur les côtes, rejettent des gaz toxiques qui menacent la population. En s'échouant sur le rivage, elles émettent de l'hydrogène sulfuré. ces gaz, inhalés sur une longue durée, présentent des risques importants pour la santé. Outre l'hydrogène sulfuré, les algues libèrent aussi de l'ammoniac.

 

 

A Petit-Bourg, ces gaz toxiques ont poussé le maire, à prendre un arrêté pour fermer huit établissements scolaires de la ville.

Jusqu'à 5 ppm (Partie Par million), l'Agence Régionale de la Santé déconseille aux personnes fragiles (femmes enceintes, bébés, personnes âgées ou asthmatiques...) de rester à proximité de ces rejets.

Les symptômes sont effrayants. D'abord, une odeur pestilentielle, puis des vertiges, irritation des yeux et de la gorge. L'hydrogène sulfuré et l'ammoniac sont deux gaz neurotoxiques, qui, à terme, bloquent le système nerveux et peuvent entraîner la mort.

 

Une étude épidémiologique vient d’être lancée à la fois en Martinique et en Guadeloupe sur les sargasses à l’initiative vient d'un médecin du CHU dans la perspective de mieux connaître les effets des émanations toxiques sur la santé de la population.

 

 

-      Sur l’économie :

 

Laissés pendant quelques jours sur les plages, les gaz émis par les sargasses attaquent les composés électroniques et les rendent inutilisables. Tout ce qui est métallique devient par ailleurs totalement noir, comme de l'argenterie trop laissée à l'air.

 

Ces algues, apparues dans les Caraïbes en 2011, forment des radeaux où des centaines d'animaux marins trouvent refuge. En stagnant, ces végétaux aquatiques menacent les fonds marins.

À certains endroits, les pêcheurs ne peuvent plus exercer leur activité correctement.

 

Outre les risques pour la santé, les sargasses se prennent dans les hélices des bateaux, empêchant la navigation et bloquant les ports, et entraînent la fermeture des plages où elles s’échouent, avec des pertes économiques pour le secteur touristique. Enfin, elles provoquent aussi d’énormes dégâts sur la faune et la flore. La ponte des tortues est perturbée, les bancs d’algues les empêchant de venir pondre dans le sable.

 

 

Le ramassage, le coût

 

Depuis février 2018, certaines communes dépensent entre 3’000 et 6’000 € chaque jour pour lutter contre les sargasses. En 2017, la région a utilisé 500.000 € pour cet entretien quotidien, alors qu'il s'agissait d'une année relativement calme en la matière.

Pour éviter que les algues n'atteignent directement la population, il faut les ramasser. Chaque jour, (+ de 80 tonnes/j. Tractopelles, bennes et camions s'activent quotidiennement sur tout l'archipel. «C'est un peu remplir un panier sans fond. Quand vous ramassez une tonne d'algues, une heure après, elles reviennent»,

 

 

Qui fait quoi ?

 

. «Les services de l'État sur place ont parfaitement réagi. En revanche, en métropole, on n'a pas mesuré l'ampleur du problème», Le gouvernement a débloqué 3 millions d'euros pour tenter d'endiguer le phénomène. En 2016, une délégation dépêchée en Guadeloupe avait évalué à 16 millions d'euros les besoins de l'archipel. Bien avant l'afflux massif de cette saison.

 

Les engagements de l'Etat. Accueillis par un collectif d'habitants excédés par les sargasses et leurs conséquences, Nicolas Hulot a indiqué que "l'Etat sera aux côtés des habitants et des élus qui affrontent cette calamité." "L'Etat répondra présent pour organiser la collecte des sargasses dans chaque territoire et prendre toutes les précautions sur la santé. Il faut également poursuivre la coopération régionale dans la Caraïbe", ont assuré Annick Girardin et Nicolas Hulot. Pas un mot cependant sur les questions d'indemnisation, pour des chefs d'entreprise obligés de fermer leur établissement, ou des particuliers dont les appareils électroménagers tombent en panne les uns après les autres, attaqués par le sulfure d'hydrogène.

 

Les ministres ont été critiqués sur leur venue tardive, notamment par la présidente du Conseil départemental, Josette Borel Lincertin, lors d'une réunion de travail avec les élus locaux : "Vous n'empêcherez personne ici de penser que si un tel désastre avait eu lieu sur les côtes bretonnes ou méditerranéennes, vous n'auriez certainement pas attendu quatre mois pour venir vous rendre compte de ce qui arrive à ce territoire de la République", a-t-elle souligné dans son discours.



10/08/2018
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