Couleur émeraude

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L'incedie du CHU de Pointe-à-Pitre 2/3

Un peu d’histoire :

 

  • 1936,  deux établissements de soins étaient à la disposition de la population guadeloupéenne. 
  • 1939 à 1942, un recrutement assez important d'infirmières et d'infirmiers laïcs permettait au personnel de l'hôpital Général de s'accroître. L’h’opital autonome de Pointe-à-Pitre, très vétuste, était essentiellement réservé aux indigènes et aux prostituées. 
  • 1944, construction de bâtiments supplémentaires et transformation du vieil hôpital Autonome en Hôpital Départemental. 
  • 1960, création du Centre Hospitalier Départemental de Pointe-à-Pitre par la fusion de l'Hôpital Autonome rebaptisé Hôpital Hospice Saint-Jules (actuel centre Rémy Nainsouta) et de l'Hôpital Général, le nombre de lits passe alors à plus de 500. 
  • 1966 le 27 septembre, le cyclone INES ravage une grande partie des locaux de l'hôpital Saint-Jules. 
  • 1967, l’hôpital Saint-Jules est abandonné et ses 162 malades sont transférés à l'Hôpital Général. 
  • 1976, création d'un service de consultations externes et d'un centre de planification. 
  • 1977, l'ancien Hôpital Général est baptisé Hôpital Joseph RICOU en souvenir de la compétence et du dévouement de ce chirurgien. 
  • 1978, ouverture de la première tranche de construction du Nouveau Centre Hospitalier. 
  • 1984, l'évolution structurale se poursuit par une deuxième tranche de travaux et la création du Centre Hospitalier Régional de Pointe-à-Pitre.  
  • En 1986, création du Centre Hospitalier Universitaire de Pointe-à- Pitre/Abymes avec une capacité de 881 lits, 12 blocs opératoires

 

 

 

 

Incendie et conséquences :

 

Le CHU de Pointe-à-Pitre a été partiellement détruit dans un incendie, le 28 novembre 2017. A cette occasion, ont été pointé du doigt l'extrême vétusté du lieu, et les dysfonctionnements dans l'alerte incendie.

 

  • 2014, la Haute Autorité de Santé ne lui avait pas accordé la certification.
  • mars 2017, de sévères recommandations avaient été faites.
  • Dans son rapport, la Haute Autorité a constaté un avis défavorable de «la commission de sécurité incendie, le 16 juillet 2015, sur les bâtiments de la maternité, l’ancienne réanimation et le bloc central».
  • Le 28 novembre 2017, une partie du CHU de la Guadeloupe part en fumée : la maternité, les urgences, la réanimation et quatre blocs opératoires sont détruits, 1.200 personnes sont évacuées, dont 450 patients hospitalisés. 
  • Bien avant cet incendie, souvent les ascenseurs étaient en panne, la climatisation déficiente, les systèmes de sécurité obsolètes ou hors service.

 

L' incendie s'est déclaré dans un local technique du CHU. Les alarmes anti-incendie ne fonctionnent pas, ni les extracteurs de fumée ou les portes coupe-feu. Aucune victime n’est alors à déplorer.

 

Cet incendie, finalement maitrisé après plusieurs heures, rend le CHU totalement impropre à la pratique normale des soins. Pourtant le Directeur de l’ARS, Patrice Richard et le Directeur du CHU, Pierre Thépot refusent obstinément d’évacuer totalement le Centre Hospitalier.

Plusieurs médecins qui ont voulu continuera exercer à l’intérieur du CHU ont été victimes de graves malaises et ont dû abandonner leurs postes.

La ministre des Outre-mer Annick Girardin a  annoncé avoir suspendu la décision d’une délocalisation partielle du CHU, après un entretien avec un collectif de personnels dénonçant un « bâtiment malsain ».

 

Les soignants manquent depuis longtemps de matériel et de médicaments, mais aujourd'hui les bâtiments sont encore plus délabrés, une partie des services est fermée suite à l'incendie et l'air est irrespirable. La direction du CHU plaide pour des travaux de décontamination en ne délocalisant que partiellement le personnel, étage par étage. Mais le collectif juge cette solution impossible et exige l'évacuation totale de l'hôpital pendant les travaux.

 

Dans les urgences, des tentes sont erigées sur le parking. À l'intérieur, une vingtaine de personnes prises en charge dans des conditions indignes selon une représentante syndicale.

 

  

Origine du sinistre

 

 

Une information judiciaire a été ouverte pour trois motifs

  • "dégradation involontaire du bien d'autrui par explosion ou incendie dû à la violation manifestement délibérée d'une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence",
  • "mise en danger de la vie d'autrui"
  • et "blessures involontaires avec incapacité supérieure à trois mois".

Un agent de l'hôpital qui a été grièvement intoxiqué : il était présent dans le local technique d'où est parti l'incendie.

 

Si l'expertise judiciaire, dont les conclusions ont été révélées début mars "privilégie la cause accidentelle sans exclure la piste criminelle", selon M. Bonhomme (procureur de P-à-P, évoquant la piste du "mégot de cigarette", une seconde expertise vient jeter le doute sur les causes de l'incendie.

 

 

Accident ou défaillance technique? :

 

L'expertise de l'assureur de l'hôpital, met  en cause une défaillance technique. Le document incrimine "le système de climatisation du local" d'où est parti l'incendie.

  

L'enquête devra par ailleurs déterminer "d'éventuels dysfonctionnements de l'alarme au niveau du local et des portes coupe-feu qui auraient été constamment ouvertes.

 

Un pic de mortalité :

 

Face à cette crise, le collectif de défense du CHU tire la sonnette d'alarme. Selon lui, la mortalité a progressé de 31% par rapport à 2017. 43 morts de plus depuis janvier. Signe de la gravité de la situation, c'est un médecin militaire, Valérie Denux, qui a été nommée à la tête de l'Agence régionale de santé. (ARS)

Un reportage d'Europe 1 a récemment mis en lumière plusieurs dizaines de morts suspectes depuis l'incendie. Le personnel soignant pointe le manque de matériel non remplacé, et les difficultés rencontrées à prodiguer leurs soins, avec par exemple des blocs mobiles arrivés sans le matériel pour les faire fonctionner ! Un tiers du personnel est en arrêt maladie. Cela en dit long sur la situation.

Certains services de l'hôpital ont été ré-ouverts sans que la décontamination n'ait été effectuée complètement.

 

Délocalisation : 

 

En attendant la fin des travaux dans le CHU, une série de mesures a été mise en place pour assurer la continuité de l’offre de soins.

  • Un hôpital de campagne a été installé 
  • La polyclinique des Abymes accueille les services maternité et chirurgie gynécologique 
  • Le service de réanimation néonatale, un temps transféré au centre hospitalier de la Basse-Terre, est de retour à Pointe-à-Pitre depuis février 
  • Les urgences médicales peuvent être traitées au CHU, en partie sous des tentes 
  • Les urgences chirurgicales sont traitées dans la clinique privée Les Eaux claires, à Baie-Mahault.

  

L'Agence régionale de la santé Guadeloupe a annoncé, mi-juin 2018 "une délocalisation partielle" et "une réintégration partielle" du CHU.

Une hypothèse largement envisagée, car elle couterait moins cher à l’Etat : 60 millions d’euros environ, contre au moins deux fois plus en cas de délocalisation totale.

"C’est un jour important pour nous tous", a souligné Valérie Denux, directrice générale de l’ARS, annonçant la solution choisie pour la "phase 2" du plan de réorganisation du CHU et de l’offre de soins en Guadeloupe.

L'agence régionale de santé explique qu'elle soutient la décision de délocalisation partielle pour garantir la qualité et la sécurité des soins.  

 

 

Cette délocalisation partielle s’accompagnerait d’un nettoyage par zone. Le CHU conserverait des services comme :

- les laboratoires,

- la radio

- les urgences

- l’oncologie ou encore la réanimation des adultes

 

 

 



06/10/2018
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