Couleur émeraude

Couleur émeraude

Cri d'angoisse

Cri d’angoisse

                                                                   

 

 

Ce n’est plus ce soleil qui vous brûle la peau,

Qui s’en va se coucher avec toute sa chaleur,

Qui vous pénètre l’âme, vous reste au fond du cœur,

Que je vois disparaître derrière toute cette eau.

Et je sens que mon cœur se gonfle de ce sang,

De ce sang de l’orgueil, de ce sang presque de haine

Qui fait jaillir en moi tant de pleurs, tant de peines.

Si mon cœur pleure la mort, ce n’est pas d’un parent,

Ce n’est pas d’un ami, ni non plus de ma mère.

J’ai beau les retenir, mais ces larmes amères,

Coulent comme le sang en une journée de guerre,

Car si je pleure ce soir, je pleure sur tous mes frères.

Ciel, je n’entendrai plus jouant au coin des rues

Après l’école du soir, nos enfants aux Zicaque.

Nul ne répondra non plus à cette voix : macaque !

La joie du trou aux noix, on ne s’en souviendra plus.

Sauront-ils nos enfants, ce que c’est qu’un caboua,

Un beau caboua avec des roues de tamarin ?

Dans peut-être pas longtemps, il n’en restera plus rien.

On devra dire adieu, adieu à tout cela.

Ma gorge se dessèche et mes tympans éclatent

Je pleure, j’enrage, j’étouffe, mais je crierai encor,

Qu’à vous ma voix parvienne comme le son du cor

Je ne suis point de ceux qui bêtement vous flattent

Non, écoutez donc mon cri, cri de l’âme d’un peuple,

Approchez-vous Messieurs, approchez-vous encore.

Regardez cette fleur qui demain va éclore

Je vais vous dire son cri, cette fleur c’est mon peuple.

Je ne veux plus être un peuple colonisé.

 

Henry Bouchaut



30/11/2016
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